L’Éternel qui te guérit (suite)

8 oct

guerison

La circonstance qui a conduit le peuple à recevoir la révélation de Dieu « l’Eternel qui te guérit » se trouve dans Exode 15/22-27 et c’est juste après la délivrance du peuple d’Egypte et l’ouverture de la mer Rouge.

Ce récit s’inscrit dans un contexte particulier pour le peuple de Dieu. Ils viennent d’être délivrés de l’emprise de Pharaon et ils sont en chemin pour saisir la terre promise par Dieu. Il est à préciser que ce n’est pas un homme qui conduit le peuple mais Dieu, au travers de Moïse (voir Exode 13/21-22). Dieu leur fait prendre la direction du désert. Après 3 journées de marche, le peuple n’a toujours pas trouvé de point d’eau.
Imaginez-vous la soif du peuple. 2 000 000 de personnes assoiffées n’ayant qu’un seul désir : boire. Après trois jours de marche, enfin au loin, une personne voit un point d’eau. Imaginez-vous le cri qu’ils ont du pousser « de l’eau, victoire, Dieu est bon, Il a pourvu… » mais alors que beaucoup se jettent sur l’eau, la grande désillusion, l’ascenseur émotif (de très ému à très déçu) et ils recrachent l’eau avertissant tout le monde en disant « ne buvez pas cette eau, elle est amère. » Ne pouvant boire de l’eau amère, ils ont appelé le lieu Mara « amer, amertume ». C’est dans cette circonstance que Dieu va se révéler comme « l’Eternel qui te guérit. »

Pourquoi Dieu, qui conduisait le peuple, a voulu le faire passer par cette étape ? Que voulait-Il enseigner ? Pourquoi est-ce dans cette circonstance qu’Il se révèlera comme « l’Eternel qui te guérit » ?
Beaucoup de commentateurs ont donné à ce récit l’expression du miroir de Mara. Au travers de cette expérience, Dieu voulait révéler à Son peuple l’œuvre qu’Il visait d’entreprendre dans leur cœur, la guérison de toute racine d’amertume. Comme Dieu a changé l’eau amère en eau douce, Dieu voulait guérir le cœur de Son peuple pour qu’il passe d’un cœur amer à un cœur doux.

Dans Exode 1/13-14 nous pouvons lire que, malgré leur délivrance, les circonstances difficiles que le peuple avait vécues avaient laissé une profonde amertume dans son cœur. Connaissant la destinée que Dieu avait pour Son peuple, la première chose qu’Il a entrepris était la délivrance et la guérison de toute racine d’amertume avant leur entrée dans la terre promise.
Dans cette circonstance, bien loin de réagir comme nous pouvons parfois le penser, Dieu se révèle non comme Celui qui condamne, juge et détruit mais comme « l’Eternel qui te guérit ».

Nous sommes parfois dans la même circonstance que le peuple. Nous sommes délivrés du péché et du diable, comme eux de l’Egypte et de Pharaon, nous sommes en chemin vers le pays de la promesse de Dieu pour nous, pays de bénédictions et de grâces mais les souffrances passées et, ou présentes ont laissé la marque de l’amertume sur nos vies. Dieu veut nous faire entrer dans « notre terre promise » dégagé de toute amertume car tant que l’amertume est là, elle nous détruit nous, elle nous empêche de profiter pleinement de la bénédiction et elle est susceptible d’en détruire d’autres. Alors, comment obtenir la guérison ?

Exode 15/25

« Moïse cria à l’Eternel ; et l’Eternel lui indiqua un bois, qu’il jeta dans l’eau. Et l’eau devint douce. »


Tout d’abord, Moïse a crié à l’Eternel. Pour vivre la délivrance, il faut prier, invoquer Dieu, crier à Dieu. Au Psaumes 30/3 David a déclaré « Eternel, mon Dieu ! J’ai crié à toi, et tu m’as guéri (rapha). » Pour vivre la guérison, il faut crier à Dieu. Le cri ne parle pas d’une pratique extérieure comme si crier nous donnait plus de chance d’être exaucé. Non, l’expression parle d’un cri poussé par une soif, un désir ardent d’être guéri et délivré. C’est littéralement « jeter des cris, implorer le secours ».

Alors que Moïse crie à Dieu, Dieu Lui indique un bois. Alors qu’il le jette dans l’eau, l’eau devient douce. Notez bien, Dieu ne lui a pas indiqué « du bois » mais « un bois ». Ce bois n’était pas n’importe quel bout de bois. C’était un bois spécifique. La version Darby traduit même que « l’Éternel lui enseigna un bois » comme si pour la guérison, un enseignement spécial sur ce bois et sur ses conséquences était important et devait être donné et compris. Le bois dont il est question ici est un symbole représentant la croix, le bois par excellence par lequel nous pouvons être guéris.

Malheureusement, nous limitons l’œuvre de la croix au pardon des péchés. Si le but premier de la croix est le pardon des péchés, l’œuvre de Jésus à la croix dépasse le pardon des péchés et va jusqu’à la délivrance totale de toutes sortes de péchés et d’habitudes et jusqu’à la guérison même de nos cœurs et nos âmes. Il y a une puissance de guérison insoupçonnée et bien souvent inexpérimentée qui découle de la croix. Sur la croix Jésus a dit « Tout est accompli. » Même la guérison pour notre amertume a été accomplie. Si nous voulons vivre la guérison, il faut s’appuyer sur la victoire de Jésus à la croix. Il faut jeter le bâton de la croix dans notre amertume.

La croix porte la signification du pardon, de l’amour et de la victoire de Jésus. En jetant le bâton de la croix dans nos cœurs à l’endroit de notre amertume, nous demandons à Dieu que Son pardon, Son amour et Sa victoire viennent remplacer la douleur, la déception et l’amertume. La croix transforme notre cœur. Là où il y avait déception et rancune, Son pardon nous permet de pardonner. Là où il y avait douleur et haine, Son amour nous guérit et nous permet d’aimer à nouveau. Là où il y avait défaite et désert, Dieu nous donne victoire et nous conduit dans la terre promise.

Pour terminer, Mara n’est pas définitif. Comme le montre la fin du récit, « Ils arrivèrent à Elim, où il y avait douze sources d’eau et soixante–dix palmiers. Ils campèrent là, près de l’eau ». Mara n’est qu’une étape, une mise à l’épreuve pour notre guérison et notre délivrance. Laissons Dieu guérir nos cœurs.